Avant un nouveau départ en vélo, pour l'Allemagne cette fois, interview d'une famille pas ordinaire : Mika : 4 ans, Marla : 6 ans, Daniel et Maryline.
 
 
Une famille, deux continents, 3 ans à vélo
 

Printemps 2020, retour forcé en Auvergne après 3 ans de vie nomade à vélo dans les Amériques. 21 741 km pédalés en famille depuis Fairbanks en Alaska à Entre Lagos, dans la Patagonie chilienne avant d’être rattrapés dans nos rêves par le virus. Un mois de plus pourtant et nous atteignions Ushuaïa, notre destination finale.
Lorsque nous avons quitté l’Europe, en mai 2017, Marla et Mika, nos deux enfants étaient alors âgés de 3 ans et 1 an. Nous avions décidé de quitter une vie citadine qu’on trouvait un peu trop folle, remplie d’objets et d’activités qui ne laissaient plus le temps à la vie, notamment de famille.
Alors nous nous sommes débarrassés de bien des angoisses (et si les enfants tombent malades ? et si nous ne retrouvions plus de travail ? et si …? et si …?). En 5 mois nous étions prêts.
Nous avons tout quitté (emploi, appartement) et pris nos vélos pour rejoindre le cône sud de l’Amérique latine depuis l’extrême nord américain.
Alors nous apprenons à vivre différemment, avec juste l’essentiel : tente, réchaud, vêtements de pluies, de froid, de chaud. Très peu de matériel. Tout ce que nous possédons, nous devons le transporter à la force des mollets. L’argument est de poids pour se séparer de ce qui n‘est pas nécessaire.
En contre-partie de cette frugalité, nous nous offrons liberté et temps de vie disponible. Le summum du luxe. Pas un instant nous regrettons notre décision. Hormis dans les moments difficiles, comme les montées sans fin, la pluie continue, les tempêtes de sable, l’altitude ou les chaleurs extrêmes, nous mesurons notre bonheur et notre chance. Nous croquons la vie à pleine dent.
Les enfants sont un passeport qui nous ouvre toutes les portes. Voyager à vélo paraît tellement pacifique que les personnes rencontrées sont en totale confiance avec nous. Et nous offre gîte, couvert, douche, fruits, bonbons, eau ou simplement des sourires.
Nous faisons des rencontres humaines extraordinaires et Mère Nature nous offre des paysages et rencontres animalières à couper le souffle.
Les enfants à leur tour nous enseignent par leur soif de découverte intarissable. La nature offre un espace de jeu infini. Ils n’ont peur ni des loups d’Alaska, ni des mygales du Mexique, ni des scorpions du Pérou. Ils rigolent lorsque la tente est inondée et qu’il faut évacuer d’urgence le campement. 
Dans leur petit sac à dos, l’essentiel : un nounours, des legos, des livres, des crayons et un ballon. Le reste des jouets se constituent de cailloux, flaques d’eau, rivières, sable, mer, gadoue, branches. On escalade les rochers et les arbres. On observe tous les animaux, notamment les insectes du sol, les plus proches et donc de loin, les plus intéressants.
Au téléphone avec papi et mamie, alors que nous venons de faire une rencontre magique avec des familles ours pêchant le saumon dans la rivière, les enfants racontent extasiés “on a vu des limaces !”
En Amérique latine, ils apprennent l’espagnol en jouant avec les autres enfants. Mika qui a passé la majeure partie de sa vie à vélo en Amérique, continue de saluer le facteur et les voisins de Pérignat par un aimable “Hola”.
Le retour fut une claque. Evacués d’urgence par le dernier avion reliant Santiago du Chili à Paris, nous sommes recueillis par papi et mamie en Auvergne. Les enfants demandent si l’eau du robinet est potable et si il y a de l’eau chaude. Ils découvrent également l’existence du lave vaisselle et de l’aspirateur.
Au final, le plus grand des dangers aura été (et reste encore), la circulation automobile. 
La vie de nomade à vélo n’est pas de tout repos. Monter et démonter le campement prend chaque jour cinq heures environ. L’effort physique a parfois été très intense, notamment dans les Andes au Pérou, Chili, Bolivie et Argentine où nous roulions au-dessus de 3 700 mètres d’altitude et jusqu’à 4 869 mètres, notre record, dans un milieu extrêmement aride. 
Mais la liberté et les grands espaces nous manquent déjà. Une petite parenthèse auvergnate avant de nouvelles aventures.
 
En chiffres :
3 ans sur les routes
21 741 km parcourus
16 pays traversés (Etats-Unis, Canada, Mexique, Bélize, Guatemala, Honduras, Salvador, Nicaragua, Costa Rica, Panama, Colombie, Equateur, Pérou, Chili, Bolivie, Argentine).
Altitude max à vélo 4 869 mètres
Poids du vélo de Daniel : 210 kg
Poids du vélo de Marilyne : 110 kg
 

Pour nous suivre ou nous écrire www.velomerica.org / velomerica@mailbox.org
 
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